28/03/2008

POLITIQUE en ALEXANDRINS

Nous vivions jusquici au pays de cocagne

Où les loups sétaient tus pour devenir bergers

Où les hommes plantaient les villes à la campagne

Une terre bénie couverte de vergers

Avec un peu de noir aux portes des corons

Et de vrais champs de fleurs à tous les horizons


Mais il faut bien se séparer


Il y a dun côté un terroir de légendes

Dont les plus beaux fleurons sexpriment en wallon

Dont le sort évolue et que lon se demande

Sil est vieillissement qui semblerait plus long

Avec son industrie perdant tout avenir

Avec ses champs houillers quon na pu maintenir


Mais il faut bien revendiquer


Les hommes de ce camp se soulèvent et se rangent

Aux côtés de Charlier dit La Jambe de Bois

Pour refouler encor cette Ligue dOrange

Dont leur père avant eux avait subi les lois

Avec lappui du sang et de la fraternité

Avec un coq chantant la valeur des cités


Mais il faut bien se rengorger



Vers le Nord les coteaux se penchent sur la Flandre

Parmi les champs de blé soulevés par le vent

On dirait que la mer oublie de descendre

Et part en bondissant vers le soleil levant

Avec un avenir quon ne veut partager

Avec ce que lespoir permet denvisager


Mais il faut bien démystifier


Et ceux-là ont encor au poing la hallebarde

Dont ils ont embroché certains Éperons dOr

Ils se plaisent au mieux à resserrer la garde

Autour dun lion noir toutes griffes dehors

Avec des hommes durs au regard fier et froid

Avec la conviction de gagner tous les droits


Mais il faut bien sorganiser


On ne partage plus ni largent ni la crise

Cest à peine si Dieu y reconnaît son bien

On se chamaille ici pour des queues de cerises

Notre peuple avant tout on protège les siens

Avec un peu de fiel caché sous le veston

Avec trois petits tours et cent coups de bâton


Mais il faut bien finaliser


Minute de silence en français dans le texte

Puis une autre en flamand pour ne rien renier

Car même en se taisant il ny a de contexte

Dans lequel on pourrait un temps communier

Avec des noms de lieux traduits par un crétin

Avec des procédures perdre son latin


Mais il faut bien ironiser


Alors dans ce fouillis cette grande pagaille

Querelle suscitée au front des ambitieux

Dont lesprit se tiendrait dans un fétu de paille

Ne pourrons-nous un jour tout grand ouvrir les yeux

Avec intelligence avec sérénité

Avec de lindulgence et de lhumanité


Mais il faut bien désespérer

 

(extrait de "Chansons de Roland" éd. Bernardiennes)

disponible chez l'auteur 7€ + frais d'envoi 

 

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18:16 Écrit par Georges ROLAND, auteur belge ind dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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